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Diffusion

L'évolution de Sailor Moon dans notre beau pays

Première diffusion 23 décembre 1993
Chaîne TF1 — Le Club Dorothée
Créneau Tous les mercredis vers 10h
Diffusion post-TF1 Monte Carlo TMC → Mangas (AB Sat)
Film SM R au cinéma ~100 salles · 17 000 entrées
Film SM R à la TV TMC — fêtes de 1999
Édition VHS non censurée Mangas Power Vidéos

Le 23 décembre 1993, la série Sailor Moon débute en France, sur l'antenne de TF1 via l'émission culte « Le Club Dorothée ». La série se place vite en tête du « Hit des séries », un sondage effectué par Minitel afin de savoir ce que les téléspectateurs pensent des programmes. La série est donc diffusée tous les mercredis vers 10h, avec une rediffusion durant les vacances. Pourtant la série tourne un peu en rond et la première saison est rediffusée deux fois.

L'adaptation française de Sailor Moon a été beaucoup controversée : la qualité est très irrégulière. En effet, l'humour est parfois mal retransmis, les prénoms sont souvent mélangés (comme Nanou qui change de prénom dans SuperS pour devenir Mina), ou même Chibi Usa qui n'a pas de prénom pendant cinq épisodes. La censure est poussée à son maximum, au point d'avoir retiré deux épisodes de la première saison (les 18 et 20), les deux épisodes spéciaux de SuperS et deux autres épisodes dans SM S (les 106 et 108). Dans SM R, l'épisode 61 se retrouve après l'épisode 67, rendant l'histoire incompréhensible. Les musiques japonaises sont également supprimées, sauf dans les épisodes 46 et 89. Même le film de SM R est censuré : la scène où Mamoru se fait planter par les ongles de Fioré et la chanson « Moon Revenge » au moment où les Sailors unissent leurs forces.

Ce qui est relativement frustrant pour les fans de la première heure, c'est la manière dont Sailor Moon est minimisée afin de ne pas faire de l'ombre à Dragon Ball Z. La série devient un produit de marketing réservé aux petites filles. Bandaï France adopte le slogan « Les filles ne se laissent pas faire », grosse erreur car les produits ne se vendent pas énormément. Pourtant, au début de 1997, Sailor Moon S prend la tête du classement et la chaîne de fast-food « Quick » devient même sponsor de la série. Le premier film de SM R sort au cinéma dans une centaine de salles seulement et totalise 17 000 entrées.

Depuis la suppression du Club Dorothée, Sailor Moon n'a plus jamais été vue sur les écrans nationaux. Pourtant Monte Carlo TMC a diffusé la série jusqu'à la fin de SuperS, avec même le film de SM R pendant les fêtes de 1999. La série réapparaît de temps en temps sur la chaîne Mangas (AB Sat). La série SuperS est sortie en VHS chez Mangas Power Vidéos — le point fort de ces cassettes étant que les épisodes ne sont pas censurés et les génériques sont originaux.

Les Sailor Senshi en version Super Deformed

En résumé — Parcours japonais

Le 6 mars 1993, la chaîne TV Asahi propose un nouveau dessin animé : Sailor Moon. À l'époque, Dragon Ball Z commence déjà à montrer des signes de lassitude et cette nouvelle série apporte un souffle nouveau. Toei Animation reste sceptique et ne produit que 46 épisodes. L'avenir semble incertain — jusqu'au coup de théâtre de juin 1993 dans le magazine Animage : Sailor Moon obtient la première place du classement annuel et Usagi Tsukino devient le personnage favori des Japonais.

Toei Animation reconduit donc la série sous le nom Sailor Moon R (43 épisodes). Puis apparaît Sailor Moon S (38 épisodes, 1995), deuxième place Animage. Enfin l'ultime saison Sailor Stars obtient la cinquième place. Fait remarquable : 36 % des fans de la série étaient des hommes. Et Sailor Moon est le dessin animé qui a vendu le plus de CD au Japon — pas moins de 69 CD japonais sortis ! Le générique de la cinquième saison, « Sailor Star Song », est même entré dans les charts japonais.

Année Saison Classement Animage Note
1993 Sailor Moon (saison 1) 1ère place Usagi Tsukino — personnage favori
1994 Sailor Moon R 7ème place Ami Mizuno — personnage favori
1995 Sailor Moon S 2ème place Haruka — personnage féminin préféré
1996 Sailor Moon SuperS 15ème place SM S (rediff.) à la 11ème place
1997 Sailor Moon Sailor Stars 5ème place

L'héritage

Sailor Moon aura permis à plusieurs autres séries avec des filles comme héroïnes d'envahir les écrans japonais : Sakura, Kamikaze Kaitô Jeanne (dessinée par une équipe issue de SM S), ou encore Wedding Peach et Utena. Cutey Honey F, qui débute une semaine après la fin de Sailor Stars, reprend d'ailleurs les mêmes codes — transformation, accessoires de combat, ennemis formatés — sans renouveler le genre.

D'après ce dossier, il ne fait aucun doute que Sailor Moon fait partie des grands classiques de l'animation japonaise au même titre qu'Evangelion ou Dragon Ball Z. En France, le phénomène a toujours été discret mais les coffrets DVD permettent enfin de découvrir la série non censurée, et de voir Sailor Stars dans l'hexagone.

Source : SailorMoonTV

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